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Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026 à l’Hôtel Bismarck : la couture en apnée

L'ÉPOQUE - Il y a des défilés qui racontent une histoire. Et puis il y a ceux qui dessinent une sensation. Chez Peet Dullaert, la Haute Couture Printemps-Été 2026 s’impose dans une tension presque silencieuse. Une collection pensée comme une respiration retenue, une couture de l’allure plus que de l’effet. Tout est fin, tenu, maîtrisé. Le geste n’est jamais spectaculaire. Il est chirurgical.


29.01.2025 © L'ÉPOQUE PARIS


Par Véronique Dupont


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

La silhouette d’abord. Extra fine, étirée, parfois presque irréelle. Le corps est affûté par des drapés précis, des torsions contrôlées, des lignes qui cherchent la fragilité sans jamais basculer dans le décoratif. On croit à la déconstruction, mais elle est toujours cadrée : ce n’est pas une rupture, c’est un langage.


La coupe, elle, joue sur l’ambiguïté. Des tailleurs flottants, volontairement aériens, traversés d’insertions de rubans et de tulle, comme si la construction classique se laissait contaminer par quelque chose de plus intime, plus instable. Certaines vestes de tailleur semblent même avoir été “dépouillées” de leurs manches, arrachées ou effacées. Un vestiaire qui ne s’écroule pas, mais qui se met volontairement en suspens.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

Et puis il y a le sol. Les traînes existent comme une signature. Le tulle s’étire, glisse, s’attarde, frôle le parquet en laissant derrière lui une trace visuelle. Ce ne sont pas des traînes de théâtre. Ce sont des traînes de présence.


Le volume arrive ensuite, mais toujours avec mesure. Le taffetas travaille le contraste : il gonfle, il structure, il impose une architecture légère. Pas pour dominer la silhouette, mais pour lui donner un rythme. Une manière de rappeler que la couture peut aussi être un équilibre de forces, pas seulement un exercice de finesse.


La collection se tend encore davantage quand le corps se “technifie”. Des combinaisons ultra-adhérentes en lycra, comme des armures contemporaines, se glissent sous des robes transparentes. Ces superpositions, brodées de cristaux, produisent un éclat maîtrisé, presque froid. Pas de lumière facile. Plutôt une brillance retenue, à peine assumée, comme une peau qui refuse l’excès.


Le vocabulaire masculin suit la même logique. Quelques silhouettes en tailleurs ultra fluides, impeccablement coupés, donnent une élégance sans poids, débarrassée de toute rigidité. Ici, la fluidité n’est pas un effet “gender”. C’est une précision de coupe. Une attitude.


Enfin, les détails couture arrivent comme des ponctuations. Une volant de cristaux, une touche de plume, des corsets qui restent nets, brodés, structurés. Jamais complètement cassés. Jamais fragilisés pour séduire. La collection ne veut pas être aimée. Elle veut être comprise.


En sortant, on retient surtout cela : une couture au bord du vertige, mais tenue par une main sûre.


Paris, au millimètre.  


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE I


Une entrée en matière comme une déclaration de rigueur. Le corps, gainé dans une seconde peau noire, disparaît presque sous la précision du geste couture. Sur cette base ultra-adhérente, Peet Dullaert dessine une architecture de lumière : une robe transparente, brodée de cristaux, qui sculpte le buste en lignes convergentes, comme un motif d’armure, ou de constellations disciplinées.


Le décolleté devient graphique, presque cérémoniel, et la taille se resserre en un point de tension, tenu par un bijou discret, comme une ponctuation au centre du récit. La transparence n’est jamais gratuite : elle est contenue, calculée, au service d’une silhouette longiligne, irréprochablement tendue.


Et puis la traîne, fine et noire, glisse au sol comme une ombre prolongée, pendant que le col serti de cristaux, quasi collier, impose une froideur précieuse.

Une allure d’ascèse, traversée d’éclat.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE II


Même architecture, mais transposée dans une clarté presque lunaire. La silhouette s’allonge dans un blanc glacé, gainée comme une peau neuve, tandis que la broderie se fait métal, en lignes radiantes, dessinant sur le buste une cartographie de lumière.


La robe transparente s’ouvre en pointe, au centre, comme un souffle retenu, puis se resserre sur la taille avec un bijou qui tient lieu de verrou précieux. Tout est affaire de tension et de contrôle : l’éclat est strict, le geste est net, la sensualité reste silencieuse.


Et cette traîne vaporeuse, plus légère qu’une ombre, flotte derrière comme un halo. Une couture qui ne cherche pas l’opulence, mais la précision d’un impact.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE III


Ici, la couture se fait plus frontale, plus évidente dans son éclat, mais jamais tapageuse. Une robe colonne, seconde peau couleur peau, entièrement traversée d’une broderie de cristaux argentés qui grimpe, serpente, et dessine sur le corps une écriture organique, presque instinctive. Comme si le vêtement se souvenait du mouvement avant même de le produire.


Le décolleté plonge avec une simplicité souveraine, laissant la lumière faire le travail, pendant que la ligne reste droite, nette, sans artifice de volume. La sensualité est assumée, mais disciplinée, tenue dans l’élégance d’une coupe au millimètre.


Au final, ce n’est pas un “nude dress”. C’est une armure d’éclat, patiemment gravée sur la peau.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE IV


Un choc de matières, parfaitement orchestré. Le buste, corseté comme une pièce d’orfèvrerie, se couvre d’une broderie argentée dense, presque minérale, qui évoque une gravure, un relief, une peau travaillée jusqu’à l’obsession. Au-dessus, une transparence de dentelle noire vient effleurer les épaules, comme une ombre délicate, posée là pour rendre l’éclat plus tranchant encore.


Puis, brusquement, la jupe. Un taffetas noir gonflé, noué, sculpté en volume court, comme un drapé saisi en pleine tension. Ce n’est pas un ballon, c’est un geste. Une construction qui refuse le romantisme facile, préférant l’énergie sèche d’une couture en mouvement.


Tout est là. L’opposition entre la précision du corset et l’irrévérence du volume. Entre le bijou et l’air.

Une silhouette qui ne séduit pas. Elle impose.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE V


Ici, Peet Dullaert s’autorise un détournement délicieux, presque insolent. Un tailleur noir, irréprochablement coupé, aux épaules nettes, au double boutonnage strict, posé sur le corps comme une évidence. Une silhouette de pouvoir, froide, parfaitement tenue.


Et puis, au bas, l’accident volontaire. Un nuage de tulle pâle, froissé, gonflé, comme une parenthèse légère arrachée à l’enfance. La rigueur de la coupe se voit soudain contaminée par une fragilité fabriquée, une douceur sans romantisme, presque clinique.


Tout repose sur cette collision. Le masculin impeccable et la dérive aérienne. La discipline et l’ironie.

Une couture qui sait être sérieuse, sans jamais se prendre au sérieux.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE VI


Peet Dullaert joue ici la couture comme une impertinence parfaitement polie. Une chemise blanche, presque classique, portée avec un pantalon long, net, qui effleure le sol. L’allure pourrait être celle d’un vestiaire de jour, impeccable, sans emphase. Et pourtant, tout bascule au niveau du buste.


Un corset bijou, léger comme une armature de lumière, vient se poser sur la poitrine en lignes argentées, presque liquides. La construction est précise, mais aérienne, comme si la couture avait décidé de flotter au lieu de serrer. Sous ce dessin, une transparence pâle se devine, puis une basque de tulle froissé surgit à la taille, petite turbulence volontaire au milieu d’une silhouette strictement verticale.


C’est cela qui fascine. Le contraste entre l’évidence du blanc et la complexité du montage. Entre le quotidien et l’irréel.

Une tenue qui fait mine d’être simple, mais qui est entièrement pensée comme un piège couture.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE VII


Une silhouette qui joue la dissonance avec une assurance presque provocante. Le buste, corseté et brodé comme une lingerie de haute précision, dessine la poitrine en arcs scintillants, suspendus sur une transparence poudrée. Une sensualité claire, frontale, tenue par la rigueur des lignes et la netteté des finitions.


À la taille, une basque noire en tulle vient briser la pureté du corset, comme un souffle sombre, un geste de contraste. Puis le pantalon, long, noir, étroit, maintient l’allure dans une verticalité stricte, presque masculine. Rien n’est décoratif. Tout est coupé pour tenir.


Et soudain, comme un accident volontaire, un volume de taffetas jaune pâle surgit sur la hanche, froissé, gonflé, déplacé. Une ponctuation absurde et sublime. Un détail qui refuse l’harmonie, et qui fait justement toute l’intelligence de la silhouette.


Couture, oui. Mais avec une idée de rupture parfaitement contrôlée.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE VIII


Un romantisme qui refuse la mièvrerie. La robe, poudrée, presque innocente dans sa couleur, est entièrement tenue par une broderie verticale, fine et insistante, comme une pluie de cristaux qui discipline le tulle. La silhouette reste légère, aérienne, mais jamais floue. Tout est construit pour guider l’œil, pour étirer le corps, pour imposer une allure.


Et puis viennent ces épaules, dramatiques, presque théâtrales. Deux nœuds de tulle noir, posés comme des ombres, prolongés par un voile cape qui glisse et flotte derrière, donnant au pastel une gravité inattendue. L’effet est immédiat : la douceur devient tension, la transparence devient présence.


Cette silhouette a quelque chose d’une héroïne nocturne, vêtue de lumière et d’obscurité à parts égales.

Une couture qui sait être fragile, mais jamais douce.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE IX


Une silhouette en clair-obscur, presque cinématographique. Sur un corps tenu dans une ligne longue et sobre, Peet Dullaert superpose des couches de noir qui ne pèsent jamais, mais qui assombrissent l’air. Une cape courte, entièrement perlée, frangée, scintille comme une nuit en mouvement. Elle s’arrête net au niveau du buste, laissant apparaître un bustier ivoire, comme un souffle de lumière au milieu de la rigueur.


La jupe, elle, reste étroite, à peine satinée, ceinturée d’un ruban noir, puis se termine dans une densité de franges et de perles, plus lourde, plus tactile, comme si l’obscurité se déposait progressivement sur la silhouette. Tout est dans le contraste. La précision d’une ligne et la vibration des matières.


Cette silhouette a quelque chose de très parisien. Le noir n’est pas une couleur. C’est une attitude.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE X


Une silhouette qui travaille le contraste comme une idée couture. Le noir, d’abord, enveloppe tout. Un voile strict, presque monacal, qui efface les contours et impose une présence dense, retenue, souveraine. Le corps est tenu dans une robe étroite, satinée, d’une sobriété presque austère, pendant que le drapé du haut se gonfle, se plie, se noue, comme une sculpture textile portée sur l’épaule.


Et puis, soudain, l’irruption du rose poudré. Deux pans de taffetas, vastes, brillants, théâtraux, s’ouvrent de chaque côté comme des rideaux. Ce n’est pas un simple contraste de couleur, c’est une mise en scène. La silhouette devient architecture, et le mouvement se transforme en décor.


Le détail des sourcils sertis de cristaux vient signer le tout. Une précision glacée sur un visage impassible.

Une couture qui ne cherche pas l’équilibre. Elle impose la tension.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XI


Un noir d’autorité, net, sans concession. La robe-tailleur s’étire en longueur, impeccablement coupée, avec un revers profond qui ouvre le buste comme une provocation tenue. Rien ne déborde, rien ne tremble. La ligne est pure, presque sévère, mais la couture, elle, parle dans les détails.


Aux épaules, des volumes sculptés surgissent comme des coups de pinceau, des drapés précis qui viennent rompre la rigueur sans l’adoucir. C’est un noir construit, pensé pour imposer une présence plutôt qu’un effet. Les gants longs renforcent cette idée de discipline, presque de cérémonie.


Et au cou, le collier de cristaux. Non pas pour “illuminer”, mais pour durcir le contraste. Un éclat froid, posé comme une signature.


Une silhouette de pouvoir, qui ne cherche pas le glamour. Elle le domine.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XII


Le vestiaire masculin s’impose ici dans une sobriété parfaite, presque insolente de maîtrise. Un costume noir, double boutonnage, impeccablement construit. Épaules nettes, taille contenue, pantalon long, droit, sans emphase. La coupe n’a pas besoin de prouver quoi que ce soit. Elle tient, et c’est tout.


Le détail est dans l’attitude. L’encolure ouverte, sans chemise apparente, refuse l’uniforme et glisse vers une élégance plus instinctive. Une pochette blanche, minimale, comme un clin d’œil à la tradition, mais traitée sans nostalgie.


Et puis vient la rupture, subtile mais décisive. Aux jambes, des inserts rose poudré surgissent des coutures latérales du pantalon, comme des languettes de taffetas qui s’échappent, déplacent la ligne, perturbent la pureté du noir. Une intervention presque graphique, qui transforme un smoking impeccable en pièce couture, au sens strict.


Un homme en noir, oui. Mais fissuré par une lumière.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XIII


Le noir, ici, devient architecture totale. Un smoking impeccablement construit, au revers satiné, porté sur un col haut qui efface toute anecdote. La silhouette est verticale, austère, presque liturgique. Une élégance de discipline, sans la moindre concession.


Mais Peet Dullaert refuse la simple rigueur. À la taille, un drapé monumental surgit, comme une ceinture sculptée, nouée, resserrée. Le tissu se plie, se gonfle, s’organise en volume, puis se déploie en longue traîne, lourde et silencieuse, qui glisse au sol avec une lenteur calculée.


Le visage reste impassible, encadré d’un voile noir, et une coiffe légère vient ponctuer la ligne d’une note presque cérémonielle.

C’est une allure de pouvoir, mais un pouvoir intériorisé. Celui qui n’a rien à prouver, et qui occupe l’espace par la seule tenue.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XIV


Un contraste net, presque violent, entre innocence apparente et intention couture. Le corset ivoire, travaillé en relief, se couvre d’appliqués qui semblent effilochés, comme une matière vivante, arrachée au tissu puis recousue en fragments. À la hanche, cette texture devient cascade, plume ou papier froissé, et descend le long de la jambe jusqu’à une traîne irrégulière, volontairement inachevée.


Au-dessus, le noir tranche. Une pièce de dentelle nouée au cou, comme un bandage précieux, vient obscurcir le buste et durcir la douceur du blanc. Le collier de cristaux, glacé, impose l’éclat là où l’on attendrait la délicatesse.


C’est un look qui refuse la pureté. Il préfère la tension.

Une mariée, peut-être. Mais jamais docile.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XV


Une silhouette noire, sèche, tenue, presque minimaliste au premier regard. Un corps longiligne, gainé dans une ligne droite, comme une évidence. Et pourtant, tout se joue dans les ruptures, dans les volumes déplacés, dans les détails qui perturbent la pureté.


Autour du cou, un drapé sombre s’enroule comme une écharpe sculptée, posant une ombre immédiate sur le décolleté. La matière semble volontairement lourde, presque protectrice. Puis, à la taille, une explosion de tulle noir surgit comme un nuage concentré, une basque sauvage, aérienne, qui vient casser l’austérité du pantalon long. C’est un geste couture, plus qu’un ornement. Une intervention.


Les sourcils sertis de cristaux ajoutent une froideur futuriste, presque irréelle, comme si la lumière venait se poser sur le visage par fragments.

Une silhouette qui dit tout sans jamais hausser le ton.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XVI


Une élégance masculine qui se construit sur l’idée du manque. Une veste ivoire, nette, coupée près du corps, mais privée de manches, comme si la coupe avait été interrompu à dessein. Le col se déploie en large pan diagonal, presque un revers déplacé, un pli couture devenu signe graphique.


La ligne est précise, mais jamais rigide. Les poches structurent l’ensemble, pendant qu’une broche noire, minuscule et sombre, vient troubler l’ivoire, comme un point d’encre sur une page trop blanche. En bas, le pantalon noir affine la silhouette, ancre le look dans une sobriété parisienne, presque sévère, et laisse le haut jouer toute sa complexité.


Un vestiaire masculin traité comme une sculpture. Épuré, mais tendu.

Et surtout, remarquablement contemporain.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XVII


La silhouette masculine est ici mis à nue, littéralement. Une veste noire, sans manches, comme un smoking qu’on aurait dépouillé de ses conventions pour n’en garder que l’essentiel. Les revers satinés tracent une diagonale ferme, presque architecturale, pendant que les emmanchures effilées laissent apparaître la couture, la construction, le “fait main” sans maquillage.


Le pantalon, sobre, long, affine la silhouette et laisse le haut porter tout le discours. Au cou, un collier de cristaux vient déposer une lumière froide, presque cérémonielle, sur une allure autrement sèche et nocturne.


C’est un look de tension. Entre la rigueur du soir et l’évidence du corps.

Un smoking déconstruit, mais avec une tenue parfaitement parisienne.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XVIII


Une silhouette noire, purement urbaine, où la coupe devient une forme de langage. Une veste longue, sans manches, coupée comme un smoking, avec un revers satiné impeccable et des emmanchures laissées volontairement à vif, comme une couture qu’on refuse de camoufler. Le geste est net. Presque brutal dans sa précision.


Les mains dans les poches, le pantalon long suit la même logique. Ligne droite, calme, maîtrisée. Et pourtant, un détail vient rompre la rigueur. Sur un côté, une insertion de tulle noir, comme une doublure qui s’échappe, ajoute un frémissement, une fuite, une fragilité volontaire.


C’est un look qui ne cherche pas l’effet couture au sens spectaculaire. Il préfère l’intelligence d’une coupe et la tension d’une finition.

Un smoking déconstruit, porté comme un uniforme de nuit.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XIX


La coupe revient à son absolu. Un costume noir, double boutonnage, revers satin, coupe impeccable. Rien n’est spectaculaire et c’est précisément ce qui frappe. La silhouette avance comme un manifeste de rigueur, un noir propre, net, presque clinique dans sa perfection.


Puis, un détail vient déranger l’évidence. Un ornement d'épaule rompt la ligne du costume, comme une ponctuation inattendue. Et la mèche orangée, verticale, tranche le visage comme une lame, et transforme l’allure en image. Ce n’est plus seulement un costume, c’est une figure. Une apparition graphique, presque futuriste, où le style se construit sur la retenue, mais se signe par la rupture.


Le pantalon s’allonge, s’ouvre légèrement sur la chaussure, et laisse traîner une pointe de tissu, comme un effet de coupe volontairement inachevé. Rien de décoratif. Tout est intention.


Un noir parisien, oui. Mais vu à travers un filtre d’avant-garde.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XX


Le gris clair, ici, n’est pas un compromis. C’est une affirmation. Un tailleur croisé d’une précision impeccable, construit comme une architecture calme, presque diplomatique. Les épaules sont nettes, la ligne est longue, le tombé parfait. Une sobriété qui n’a rien de timide, mais tout d’une autorité silencieuse.


La matière, mate et fine, absorbe la lumière au lieu de la chercher. Les boutons ponctuent la veste comme des repères, et l’ouverture du col, sans chemise apparente, donne à l’ensemble une élégance immédiate, débarrassée de toute démonstration.


Puis vient le détail couture, celui qu’on ne voit qu’en regardant vraiment. Sur l’épaule, une petite intervention noire, quasi organique, comme un fragment de ruban ou une plume figée, glisse et rompt la perfection du gris. Un accident volontaire. Une irrégularité pensée.


Un uniforme d’élite, oui. Mais légèrement saboté.

Juste assez pour rappeler que la couture, ici, n’obéit à personne.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XXI


Le blanc, ici, n’a rien de nuptial. Il est tranchant, presque souverain. Un tailleur croisé d’une précision irréprochable, où le satin des revers dessine une ligne de lumière, nette, froide, assumée. La veste se ferme avec une rigueur impeccable, mais laisse au mouvement une fluidité silencieuse, comme une discipline parfaitement maîtrisée.


Le pantalon suit, long, calme, sans emphase. Une continuité pure, presque cérémonielle, débarrassée de tout superflu.


Au cou, ce n’est pas un collier. C’est une tiare renversée. Une couronne descendue dans la gorge, comme si le pouvoir avait choisi de se porter à l’envers, plus intime, plus dangereux. Les cristaux ne décorent pas, ils signent. Ils imposent.


Et sur l’épaule, un ruban ivoire noué, comme une fleur défaite, vient troubler la perfection du blanc. Un détail fragile, presque accidentel, qui fissure volontairement la netteté de la coupe.


Un smoking blanc, oui.

Mais pensé comme une armure d’apparat, et un manifeste de contrôle.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XXII


Ici, la coupe devient robe.


Une veste ivoire, impeccable, presque architecturale : épaules nettes, double boutonnage, col tranchant comme un scalpel. La ligne est froide, contrôlée, strictement couture.


Puis, à la taille, tout bascule : un volume rose poudré s’enroule comme une ceinture-sculpture, un drapé noué, charnel, qui casse volontairement la rigueur du blanc. Ce n’est pas un détail romantique : c’est une tension. Une féminité imposée, presque contrainte, comme une entrave luxueuse.


La jupe descend longue, fluide, ouverte sur une fente centrale qui laisse passer la jambe avec une lenteur calculée, non pas une provocation, une autorité.


Le visage est noirci par un effet "smoky" dramatique, volontairement dur, et le serre-tête rosé apporte une innocence fausse, presque insolente.


Une silhouette entre pureté cérémonielle et fragilité mise en scène.

Le blanc pour régner. Le rose pour troubler.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XXIII


Le smoking blanc n’est plus un uniforme : c’est une apparition.


Veste double-boutonnage, ivoire glacé, col châle net, proportions parfaites : une pure ligne de cérémonie, presque sacrée. Rien ne dépasse, tout est tenu, silencieux.


Mais le geste est là, discret et cruel : un panneau de satin clair s’échappe du côté, comme une traîne coupée, un morceau de robe arraché au vestiaire féminin et greffé à la coupe masculine.


Le pantalon, lui, reste sombre, fluide, nocturne et l’ensemble devient une phrase à deux voix : le blanc commande, le noir obéit, et la traîne vient troubler l’ordre.


C’est un look de prince funéraire.

Très pur, très précis, et volontairement dérangeant.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert Haute Couture Printemps-Été 2026.

ALLURE XXIV


Ici, le tuxedo devient armure liturgique.


Une silhouette noire, intégrale, seconde peau : col haut, jambe fuselée, gants longs : le corps est réduit à une ombre, disciplinée, presque monastique.

Et par-dessus, un manteau ivoire en satin comme un tablier de cérémonie, fendu au centre, qui s’ouvre en marche.


Le détail qui fait tout : ces revers démesurés, sculptés en ailes, comme si la veste avait été prise dans une rafale et figée au moment exact du déploiement.

Deux broderies viennent “signer” la poitrine, bleu froid et éclat métallique : pas décoratives, héraldiques.


Résultat : une figure de pouvoir silencieux.

Ni masculin, ni féminin : hiératique.

Un ange noir habillé par un tailleur blanc.


Peet Dullaert
© Peet Dullaert.

Et puis, lorsque le créateur apparaît à la fin du défilé, il ne “désamorce” pas la tension : il la signe.


On comprend alors que l’élégance, ici, n’est plus une simple affaire de ligne, mais une affaire de nerf : entre noir et ivoire, entre rigueur tailleur et fragilité assumée, entre le corps et l’architecture du vêtement. Les vestes deviennent des armures, les pantalons s’ouvrent sur des inserts latéraux comme des fentes maîtrisées d’où surgit l’excès, et ce collier, une tiare renversée, déplace la couronne de la tête à la gorge, comme si le pouvoir avait changé d’organe : non plus le triomphe, mais la contrainte.


C’est une couture qui ne demande pas l’adhésion. Elle impose le silence.

Et quand les dorures du salon retombent dans la pénombre, il reste une impression nette, presque physique : on n’a pas vu “un thème”. On a vu une langue. Un vocabulaire précis, contemporain, volontairement irrésolu, comme ce qui compte vraiment.


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