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Pilar Zeta au Louvre à Paris : Mirror Gate II, là où l’histoire nous traverse

Updated: Feb 5

L'ÉPOQUE - Sur la Place du Louvre, Mirror Gate II apparaît comme une structure calme, mais souveraine : une sculpture monumentale de Pilar Zeta, installée à Paris à l’initiative et sous l’impulsion curatoriale de Stéphane Ruffier Meray, qui en a proposé le projet dès l’origine comme un geste célébrant l’amitié et les échanges culturels entre la France et l’Égypte, en écho aux 190 ans de l’installation de l’obélisque de Louxor place de la Concorde. Realisé par la maison Marmonil, ce portail de pierre égyptienne assemble granite rouge d’Assouan, albâtre jaune et brèche Fawakhir : la matière n’y sert pas à « faire beau », elle sert à faire mémoire. Un damier organise le pas, un miroir suspend le regard, et la ville, soudain, se rend étrangère à elle-même. Dans ce dialogue silencieux entre Paris et l’Égypte, entre musée et civilisation, entre archéologie et futur, Mirror Gate II propose moins une installation qu’un acte : celui de traverser un seuil, non dans l’espace, mais dans la conscience.


03.02.2026 © L'ÉPOQUE PARIS


Par Nereides de Bourbon


© Christophe Coënon.
© Christophe Coënon.

Devant le Louvre : déposer une œuvre dans l’autorité du visible


Il existe des lieux qui accueillent l’art, et d’autres qui le jugent avant même qu’il n’apparaisse. Le Louvre appartient à cette seconde catégorie. Ce n’est pas un musée parmi d’autres, mais l’un des centres mondiaux de la légitimité visuelle, un appareil à classer, à hiérarchiser, à consacrer. Ici, le passé n’est pas seulement conservé : il est organisé. Il est rendu lisible sous la forme d’un récit souverain, où les civilisations deviennent des chapitres et les siècles des salles.


Placer une œuvre sur la Place du Louvre revient donc à entrer dans un champ de gravité particulier, un espace où toute forme contemporaine risque, soit d’être dissoute par la monumentalité du lieu, soit de se faire violence pour exister. Beaucoup, dans cette situation, choisissent le spectaculaire ou la provocation. Pilar Zeta choisit une troisième voie : la précision.


Mirror Gate II ne cherche pas à dominer l’institution, elle ne cherche pas à la séduire. Elle opère ailleurs, dans une zone plus subtile, plus décisive, celle du régime perceptif. L’œuvre n’ajoute pas un objet à la ville, elle insinue un principe dans le réel. Et ce principe peut se résumer ainsi : un portail n’est jamais un décor, c’est une fonction.


On comprend alors que la réussite de Mirror Gate II n’est pas son impact visuel au sens publicitaire du terme, mais son aptitude à déclencher une expérience intime au sein d’un espace public saturé. Elle ouvre une pause dans la circulation, une fissure dans l’habitude, une infime transformation dans le regard.


© Christophe Coënon.
© Christophe Coënon.

De Gizeh à Paris : l’œuvre n’est pas une icône, c’est un organisme


Un élément essentiel de la présence parisienne de Mirror Gate II réside dans son statut d’évolution. L’œuvre ne se présente pas comme une réplique figée, déplacée d’un point à l’autre du monde, mais comme un dispositif qui se reconfigure selon le contexte. Après une première itération en Égypte, face aux pyramides de Gizeh, la version parisienne s’inscrit dans un autre régime spatial, plus urbain, plus institutionnel, plus quotidien.


Ce déplacement n’est pas un simple changement de décor : il modifie le sens même du portail.


À Gizeh, le désert impose une métaphysique naturelle. L’horizon y est une idée. La lumière y est une puissance. La pyramide y est l’une des plus anciennes réponses architecturales à la question de la durée humaine, celle d’inscrire une civilisation dans le temps long et de faire de la pierre une survivance. Dans ce paysage, un portail contemporain dialogue nécessairement avec l’éternité.


Paris, au contraire, impose une vitesse. Ici, la ville ne contemple pas, elle traverse. Le regard est happé par le flux. Les images se succèdent jusqu’à épuiser leur propre sens. Le monde moderne n’est plus un espace où l’on s’installe, mais un espace où l’on circule.


Mirror Gate II comprend ce monde. Elle n’exige pas la contemplation comme une obligation culturelle. Elle produit un ralentissement sans morale, par simple géométrie. Elle devient moins monumentale au sens classique, plus architecturale au sens profond. Elle fait du seuil une expérience vécue, presque immédiate, presque physiologique.


Le portail devient alors une chose rare. Il n’est pas un objet à regarder, mais une structure qui nous regarde regarder.


© Christophe Coënon.
© Christophe Coënon.

La pierre égyptienne : mémoire matérielle, histoire sans discours


Il est difficile, aujourd’hui, de rendre à la matière sa dignité. Notre époque vit dans la surface : écrans, images, reflets, simulacres. Beaucoup d’objets artistiques finissent par ressembler à leur propre documentation. Or ici, tout commence par un fait brutal, presque archaïque : Mirror Gate II est une œuvre de pierre, et pas n’importe laquelle.


Réalisée avec Marmonil, elle met en œuvre des pierres égyptiennes patrimoniales : granite rouge d’Assouan, albâtre jaune, brèche Fawakhir. Ce choix a une valeur esthétique, bien sûr, mais il a surtout une valeur métaphysique. La pierre n’est pas un matériau, c’est un temps.


La pierre est un temps comprimé, un temps sans langue. C’est un temps qui précède l’humain, et qui lui survivra.


Le granite d’Assouan n’est pas seulement rouge, il est densité, gravité, monumentalité. Il porte en lui l’idée d’une civilisation capable de se projeter au-delà de ses propres limites. L’albâtre, au contraire, propose une lumière intérieure. Il n’impose pas, il diffuse. Il rend visible une douceur minérale, presque organique, comme si la matière acceptait d’être traversée. Quant à la brèche, elle est la pierre du récit. Fracture, recomposition, veines, accidents : elle porte l’histoire comme cicatrice.


Ces trois pierres, réunies, composent un triptyque discret. Elles donnent forme à la permanence, à la lumière, à la fracture. Et soudain, Mirror Gate II cesse d’être une installation : elle devient une phrase matérielle, une phrase écrite dans la densité du monde. Une phrase qui dit que le temps a une texture.


© Christophe Coënon.
© Christophe Coënon.

France et Égypte : du monument de possession au passage de sens


Il serait naïf de considérer l’Égypte à Paris comme une simple inspiration. L’histoire entre l’Europe et l’Égypte est longue, contradictoire, magnétique : admiration, science, récit, désir, appropriation, fantasme. Le Louvre, en tant qu’institution, porte cette histoire dans sa structure même. L’Égypte y devient archive, patrimoine mondial, chapitre incontournable de la narration humaine.


Or une œuvre contemporaine qui s’installe à proximité des collections égyptiennes ne peut pas faire semblant que cette histoire est neutre. Elle ne peut pas se contenter d’être jolie. Elle doit, consciemment ou non, répondre à la question du transfert. Qu’est-ce qui circule, qu’est-ce qui se fige, qu’est-ce qui se transforme ?


Le symbole le plus évident de cette circulation historique est l’obélisque de Louxor, installé à Paris au XIXe siècle. Vertical, affirmatif, monumental, presque impérial, le monument dit “je suis là”, et sa présence suffit à produire une idée de puissance.


Le portail, lui, dit autre chose : “entre”.


Et cette différence change tout. Là où le monument affirme une possession, le portail propose une transformation. Là où le monument fixe, le portail met en mouvement. Là où le monument tranche, le portail suspend.


Ainsi, Mirror Gate II opère une correction silencieuse. La pierre égyptienne n’est plus trophée, elle devient question. Elle n’est plus signe de conquête, elle devient condition d’expérience.


Le damier : dualité, décision, initiation douce


Un élément structure l’expérience. Le motif du damier, intégré comme une ligne d’orientation, un cheminement. Ce motif, si simple en apparence, appartient à une langue universelle. Alternance, dualité, tension. Noir et blanc, ombre et lumière, dedans et dehors, plein et vide, décision et fatalité.


Le damier est l’une des formes les plus anciennes de la pensée binaire. Non pas au sens numérique, mais au sens ontologique. Il rappelle que le monde n’est pas homogène : il est fait d’oppositions simultanées. Il est fait d’équilibres instables.


Dans Mirror Gate II, le damier n’est pas décoratif. Il impose une discipline du pas. Il fait entrer le symbole dans le corps. Il transforme le visiteur en marcheur du concept.


Et c’est là, peut-être, la première dimension initiatique de l’œuvre. On n’est pas seulement devant une sculpture, on est devant une structure qui demande une posture.


© Christophe Coënon.
© Christophe Coënon.

L’œuf : naissance universelle et seuil du vivant


Dans Mirror Gate II, la présence de l’œuf s’impose comme une évidence symbolique, presque silencieuse. Il ne s’agit pas d’un motif décoratif, ni d’un clin d’œil. L’œuf agit ici comme une forme fondatrice, un principe d’origine. Il est la naissance universelle ramenée à sa géométrie essentielle, la matrice réduite à l’absolu.


Car l’œuf ne raconte pas le commencement, il le contient. Il porte le vivant avant qu’il ne se montre. Il est la forme de l’entre-deux, cet instant où rien n’est encore visible et où tout, pourtant, est déjà engagé. En cela, il rejoint le seuil, non comme une porte spectaculaire, mais comme une transformation interne, une métamorphose sans bruit.


Son apparition au cœur d’un dispositif minéral n’est pas innocente. L’œuf devient le noyau métaphysique du portail. Il rappelle que toute traversée véritable est une naissance, et que toute naissance est une rupture douce, une sortie d’une forme de soi vers une autre. La pierre, elle, enregistre la durée. Le damier impose l’alternance. Et l’œuf, dans cette architecture, signe l’événement essentiel : la possibilité d’un recommencement.


© Christophe Coënon.
© Christophe Coënon.

Le miroir : crise de l’image, retour de l’aura


Au cœur du portail, le miroir agit comme une surface de vérité, mais une vérité particulière. Une vérité sans commentaire. Le miroir montre tout, et n’explique rien. Il donne le monde, mais ne le raconte pas. Il reflète, sans interprétation.


Dans l’histoire de l’art, le miroir est une figure dangereuse. Dans l’histoire des idées, il est un piège. Il promet l’objectivité, alors qu’il dépend entièrement de l’angle. Il promet la transparence, alors qu’il est une machine à produire des illusions.


Mais ici, le miroir est tenu par la pierre. Et cette contrainte minérale change sa nature.


Dans une époque où l’image est reproductible à l’infini, où tout finit par devenir documentation, le miroir redevient une image unique. Non parce qu’il est rare, mais parce qu’il est circonstanciel. Il dépend de l’heure, du ciel, de la présence du corps, du mouvement d’un passant. Il rend l’image à son caractère irréductible.


Ce que l’on retrouve alors, presque malgré soi, c’est l’idée d’aura. Cette qualité d’unicité, d’irremplaçable, que le monde moderne a tant de mal à produire. Ici, l’aura n’est pas un luxe. Elle est une conséquence de la structure.


L’œuvre ne crée pas un objet à photographier. Elle crée une situation qu’aucune photographie ne peut épuiser.


Pilar Zeta au Louvre à Paris : Mirror Gate II, là où l’histoire nous traverse
L'artiste Pilar Zeta avec Stéphan Ruffier Meray, commissariat de l’exposition "Mirror Gate II" © Pilar Zeta / Marmonil.

Platon : le reflet comme épreuve, non comme mensonge


Le miroir appelle, inévitablement, une mémoire philosophique. Depuis Platon, l’Occident est hanté par la suspicion. Et si l’image n’était que l’ombre de l’ombre ? Et si nous vivions parmi des reflets ?


Or la force de Mirror Gate II tient à une inversion subtile. Ici, l’image n’éloigne pas du réel. Elle y reconduit. Parce qu’elle n’est pas laissée à elle-même. Elle est architecturée.


La pierre empêche le miroir de devenir pure superficialité. Elle lui donne une gravité. Et cette gravité transforme le reflet en épreuve. Non pas l’épreuve d’une illusion, mais l’épreuve d’une présence.


Le miroir, ici, ne trompe pas. Il oblige.


Il oblige à admettre que regarder n’est jamais neutre. Que voir est une participation. Et que le spectateur est toujours partie prenante du monde qu’il observe.


© Christophe Coënon.
© Christophe Coënon.

Heidegger : bâtir, habiter, penser, le portail comme habitation du seuil


Il est rare qu’une œuvre en extérieur parvienne à produire un vrai lieu. La ville contemporaine consomme les installations comme elle consomme les images, vite, beaucoup, sans épaisseur. Pourtant, Mirror Gate II réussit quelque chose de profondément architectural. Elle fait exister un espace habitable, même brièvement.


Dans la pensée de Heidegger, bâtir et habiter sont liés. Une construction n’est pas seulement une forme, elle ouvre un monde. Elle organise une présence. Elle rend possible une manière d’être.


Le portail de Pilar Zeta n’est pas un bâtiment, mais il est une habitation du seuil. On y habite une minute. Une minute d’entre-deux. Une minute où l’on n’est plus tout à fait dans la ville, et pas encore ailleurs.


Et cette minute a une valeur immense dans notre époque. Car nous habitons mal les transitions. Nous voulons des résultats, des routes directes, des images immédiates. L’entre-deux nous gêne.


Zeta fait de l’entre-deux une architecture. Elle bâtit un instant.


© Christophe Coënon.
© Christophe Coënon.

Paris comme palimpseste : la ville devient mentale


Paris est une ville stratifiée. Les époques ne s’y effacent pas : elles se superposent, elles se frottent, elles se contaminent. Le Louvre, lui-même, est un palimpseste monumental. Palais, musée, archive, symbole national, capitale mondiale de l’image.


Dans ce contexte, une œuvre véritable ne se contente pas d’ajouter une couche. Elle révèle les couches déjà présentes. Elle agit comme un révélateur photographique. Elle fait apparaître ce qui était là, mais invisible.


Mirror Gate II accomplit cette opération. Elle reflète Paris, mais en le rendant légèrement irréel. La ville se voit dans le miroir comme une scène qui ne sait plus très bien si elle est décor, histoire, ou projection mentale.


Et c’est ici que l’œuvre rejoint la métaphysique. Elle suggère que les villes ne sont pas seulement des architectures, mais des consciences collectives. Des organismes symboliques. Et qu’il suffit d’un portail, placé au bon endroit, pour rendre sensible la mécanique de l’âme urbaine.


© Christophe Coënon.
© Christophe Coënon.

Astrologie : une œuvre d’alignement, sans superstition


Il faut traiter l’astrologie sérieusement ou ne pas en parler. Sérieusement, elle n’est pas l’horoscope facile. Elle est un langage symbolique d’orientation, une manière d’exprimer la relation entre espace et destin, entre ciel et ordre du monde.


Or Mirror Gate II est, formellement, une œuvre d’alignement. Alignement entre Égypte et Paris, alignement entre matière et instant, alignement entre dualité et passage, alignement entre institution et vécu individuel.


Elle n’illustre pas le cosmos. Elle fonctionne comme une conjonction. Elle fait se rencontrer des forces hétérogènes dans un même point, un même moment, un même passage.


Le visiteur n’y apprend pas ce que signifie l’œuvre. Il apprend à se situer.


Et se situer, c’est l’un des noms les plus exacts de la conscience.



© Christophe Coënon.
© Christophe Coënon.

Pilar Zeta : futurisme archaïque, cosmologie contemporaine


Les textes publics décrivent Pilar Zeta comme une artiste dont l’univers traverse sculpture, architecture, géométrie et symbolisme cosmique, avec une pratique de formes-portails et d’installations conçues comme des passages.


Ce qui frappe, dans Mirror Gate II, c’est la cohérence. Un futurisme archaïque. Une esthétique capable de tenir ensemble la ligne pure et la mémoire antique. Une œuvre qui ne choisit pas entre modernité et tradition, mais les fait coexister comme deux faces d’une même nécessité.


L’archaïque, ici, n’est pas nostalgie. Le futur, ici, n’est pas fuite. Ils se rejoignent dans une conviction. Certaines formes sont plus anciennes que les cultures, et plus durables que les tendances.


Le portail est une de ces formes.


© Christophe Coënon.
© Christophe Coënon.

Une œuvre qui ne raconte pas, et pourtant tout est récit


Mirror Gate II ne raconte aucune histoire. Elle ne distribue pas de personnages. Elle ne propose pas de narration explicite. Elle n’impose aucun mythe. Aucun folklore.


Et pourtant, tout est récit.


Parce que le récit, désormais, n’est plus seulement ce qui se lit. C’est ce qui se vit. Chaque passage devient une variation. Chaque reflet devient une scène. Chaque hésitation devient une phrase.


L’œuvre devient un livre sans mots, une démarche curatoriale intégrée dans la matière.


Elle ne dit pas “comprenez”. Elle dit “traversez”.


Pilar Zeta aux côtés de Stéphane Ruffier Meray, Christiane Abdalla, Karen Abdalla et Robin Abdalla, propriétaires de la maison Marmonil © Christophe Coënon.
Pilar Zeta aux côtés de Stéphane Ruffier Meray, Christiane Abdalla, Karen Abdalla et Robin Abdalla, propriétaires de la maison Marmonil © Christophe Coënon.

Le seuil comme luxe ultime


Dans un monde qui transforme tout en image, Mirror Gate II réintroduit l’irréductible. Une expérience qui ne peut pas être totalement possédée, totalement photographiée, totalement résumée.


Devant le Louvre, où l’histoire est censée être conservée, Pilar Zeta rappelle une vérité plus ancienne que les musées. L’histoire n’est pas un inventaire. C’est un seuil.


Et si le portail de pierre égyptienne, tenu par un miroir, posé sur un damier, impressionne autant, ce n’est pas parce qu’il est spectaculaire. C’est parce qu’il est exact. Exact dans sa manière de nous remettre à notre place. Celle d’êtres humains traversant des époques, des civilisations, des symboles, sans jamais être sûrs d’en sortir identiques.


Ainsi, Mirror Gate II accomplit ce que l’art devrait encore oser. Non pas décorer le monde, mais le rendre à nouveau profond.


Nous croyons visiter l’histoire. En réalité, c’est l’histoire qui nous visite.


Avec Mirror Gate II, Pilar Zeta déplace le Louvre d’un cran, et le monde avec lui. Elle rappelle que la pierre n’est pas une matière, mais une mémoire, et que le miroir n’est pas une surface, mais une épreuve.


Ce portail n’est pas un objet. C’est un seuil.


Et au cœur de Paris, là où tout se montre, il réintroduit ce qui manque le plus : la profondeur.



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